Bruno Ruiz / Comme Lucie

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J’aimerais vivre dans les arbres, pour voir passer les avions qui tombent dans l’oubli, les cheveux envolés des femmes qui se peignent, les nuages qui dessinent ce que le vent efface. J’aimerais vivre au-dessus des nuages, pour ne plus voir les ruines des villes bombardées, les nuages au-dessus des centrales, la peur qui tombe sur la nuit.
J’aimerais vivre au milieu du jour, pour voir les passants qui se regardent, les oiseaux qui n’ont plus faim, les mendiants qui n’ont plus soif.
Et aussi au milieu du matin, longtemps, entendre le bruit du camion qui décharge, sentir le soleil froid sur les platanes malades, voir la jeune fille qui rêve sur son portable, le monde inexorable qui se presse et qui attend, qui pleure et qui chante, le silence qui rit, la pluie qui s’arrête, les voitures qui dansent, le facteur qui sourit, le vieillard qui court, oui, je voudrais vivre les trois quart de ma vie dans les arbres.
Comme Lucie.
Pour contempler la beauté du monde.

Bruno Ruiz, 2016

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