Découvrir la poésie de Alejandra Pizarnik

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Alejandra Pizarnik est née à buenos Aires en 1936 et elle est morte 1972. Elle a séjourné en France entre 1960 et 1964. Elle a passé les cinq derniers mois de sa vie dans un hôpital psychatrique de Buenos Aires. Dans sa cuisine elle avait écrit : « Ne pas oublier de se suicider ». C’est ce qu’elle a fait le 25 septembre 1972 à l’âge de 36 ans. Voici son dernier poème.

Un jour, peut-être, trouverons-nous refuge dans la réalité véritable. En attendant, puis-je dire jusqu’à quel point je suis contre ? Je te parle de solitude mortelle. Il y a de la colère dans le destin parce que s’approche, parmi les sables et les pierres, le loup gris. Et alors ? Parce qu’il brisera toutes les portes, parce qu’il jettera les morts pour qu’ils dévorent les vivants, pour qu’il n’y ait que des morts et que les vivants disparaissent, n’aie pas peur du loup gris. Je l’ai nommé pour vérifier qu’il existe et parce qu’il y a une volupté inexprimable dans le fait de vérifier. Les mots auraient pu me sauver, mais je suis bien trop vivante. Non, je ne veux pas chanter la mort. Ma mort… le loup gris… la tueuse venue du lointain… N’y a-t-il âme qui vive dans la ville ? Parce que vous êtes morts. Et quelle attente peut se changer en espérance si vous êtes tous morts ? Et quand viendra ce que nous attendons ? Quand cesserons-nous de fuir ? Quand tout cela arrivera-t-il ? Oui quand ? Où ça ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? Et pour qui ?

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