Bruno Ruiz / Le frère du temps qui passe

MIROIR

Vous êtes dans l’autobus, devant la pointeuse, la machine à café, arrêté au feu rouge, dans un ascenseur, un parking souterrain,
Vous avez accepté votre vie de tous les jours avec les mêmes gestes,
Vous avez huilé vos rythmes, rendu solide ce néant qui vous faisait peur,
Vous avez décidé de rester beau malgré l’usure des ans, votre miroir vous perpétue dans l’oubli de votre âge,
Seul au milieu des autres, vous perdez parfois le sens de votre existence.
Demain, lorsque vous serez vieux (mais peut-être l’êtes vous déjà ?),
Vous ferez le bilan de votre vie dans la chaise longue des vieux jours.
Je vous souhaite aujourd’hui un jardin de sérénité,
La transparence de vos hiers, et les remords éteints de vos erreurs anciennes.
Je vous vois parmi les fleurs, accepter de quitter ce monde avec la simplicité des choses qui disparaissent sans bruit,
Ne laissant aux mémoires de l’aimer que la douceur de quelques images essentielles.
Je veux avec vous devenir

Le frère du temps qui passe.

Bruno Ruiz, extrait de Je n’avance vraiment pas vite, 1999

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