Bruno Ruiz / Les indifférents

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Alors, arrivèrent les indifférents.

Dans les couloirs d’acier et de plexiglass,
Les indifférents marchaient dans le sens de la marche,
L’œil au loin.
Un chant montait du fond des futurs,
L’arme luisante, braquée sur les sourires arrêtés.

« Nous ne voulions plus nous asseoir dans notre chair… »
L’information balisait le monde,
Le matricule des abeilles,
La lumière blanche des veilleuses…

Alors, arriva l’incontrôlable vertige des vitesses immobiles,
La mécanique étrange des squelettes dans leurs uniformes.

Déjà, les réacteurs chiffraient le paysage,
La sécheresse des pictogrammes dans les laboratoires pressurisés,
Les palpitations d’apocalypse sur les cadrans,
L’or,
Comme un métal oublié

« Nous ne voulions que la rumeur implacable du vide,
Le frappement des claviers sur les tempos de l’éternité,
L’invasion des cités dans le cuir de la nuit … »

Alors ,
Dans une volée de tringles,

Le désir disparut de la terre…

Bruno Ruiz, inédit, 1983
Photo extraite de Playtime de Jacques Tati, 1967

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