En lisant Mahmoud Darwich

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Un jour je serai ce que je veux.

Un jour, je serai une idée qu’aucun glaive ne porte.
A la terre désolée, aucun livre.
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné.
Ni la justice fugitive.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai oiseau, et de mon néant,
je puiserai mon existence. Chaque fois que mes
ailes se consument,
je me rapproche de la vérité et je renais des
cendres.

Je suis le dialogue des rêveurs.

J’ai renoncé à mon corps et à mon âme
pour accomplir mon premier voyage au sens,
mais il me consuma et disparut.
Je suis l’absence.
Je suis le céleste
pourchassé.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai poète
et l’eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue.
Car je ne dis ni n’indique un lieu.
Et le lieu est mon péché et mon alibi.
Je suis de là-bas.

Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination.
Je suis qui je fus, qui je serai,
et l’espace infini me façonne, puis me tue.

Un jour je serai ce que je veux.

Un jour je serai une vigne.
A l’été de me presser sans attendre,
Aux passants de boire mon vin
Sur les lustres du lieu sucré
Je suis le message et le messager,
Les petites adresses et les lettres.

Un jour je serai ce que je veux.

Mahmoud Darwich, Murale, 2003

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