Chant de l’oubli céleste

syrie-guerre

Non, nous ne sommes pas malades. Des êtres s’embrasseront toujours dans l’aube. Des soies s’inviteront sur les chairs. Malgré la nuit métallique, nous danserons encore. Nous n’aurons plus peur des aveux. Des orchidées parleront aux étoiles.
J’étais un palais et j’en suis sa mémoire. Je garde mes yeux avec patience. Enfant au milieu des nouveaux outils aujourd’hui cherche le centre de l’enchantement pour allumer des feux au milieu des vieilles clameurs.

Ô lèvres des violences, face contre terre, à qui profite le prophète ? Des drapeaux tombent dans des fleuves qui n’appartiennent à personne. Là-bas le soleil abrutit le désert. Ils réclament une parole parce que nous ne savons plus parler. Ah, ne plus apprivoiser l’insupportable. Densifier l’ordinaire. Distribuer de nouveaux chemins à ceux qui sont perdus.

Mes fantômes ont perdu leurs poignards. Quelle heure est-il à la lumière de leur âge ? Mon passé était fait de diamants et je ne le savais pas. Depuis toujours chantent en moi des beautés au milieu de forêts tragiques. J’étais avant de chanter.

Nous sommes fait des portes que l’on ouvre. Il ne faut plus attendre. Demain chaque visage deviendra invisible. De vieux parfums montent de toutes nos mémoires. Des mains sont encore là pour repeindre le décor, illuminer le paysage. Nous ne sommes qu’une part de l’oubli céleste.

Bruno Ruiz, inédit, extrait, 2016

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Les commentaires sont fermés.