Le Carrousel

Le-carrousel-de-Joan-Rebull-1945-2

La nuit, les vieillards se donne rendez-vous au manège du Square. Ils montent sur d’étranges chevaux de bois qui vont en cahotant sous les lampions multicolores. Et tandis qu’une pluie de gélules et de médicaments s’écrasent sur le marbre des bancs, la jeune fille aux cheveux noirs sourit dans sa guérite en actionnant les vieilles poulies du carrousel.
Certains, ivres de ce mouvement, sautent en marche, dansent au son des flonflons avant de disparaître dans l’ombre du parc.
Ils vont rejoindre au Muséum, les squelettes des polatouches et des taguans, des surrikates et des mangoustes… Le long des couloirs interminables, les yeux des oiseaux dévisagent l’ Immobile dans les ventres cousus des vitrines.
Et tandis que dans l’ombre du parc, le manège continue sa ronde, la jeune fille aux cheveux noirs sourit dans sa guérite en actionnant les vieilles mécaniques de la mappemonde qui s’éloigne, dans les lenteurs obscures du silence…

Bruno Ruiz, Suites, 1986
Photo : le Carrousel de Joan Rebull,1945

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Les commentaires sont fermés.