1201-Insolite

Comment transformer une femme lambda en créature de rêve ? C’est ce que propose en 36 secondes chrono une vidéo « time lapse » relayée par le Daily Mail. Voici deux images de la même femme : avant retouche et après.

La première impression éprouvée en regardant ces deux photos, c’est d’abord la tristesse lisible sur le visage de gauche. On est prêt à lui inventer toute une vie de combat contre je ne sais quelle blessure, quelle maladie, quelle enfance, qu’elle séparation, quelle perte. Elle est là, belle de son histoire, de celle qui pourrait ressembler un peu à la nôtre, une vie que l’on pourrait partager. Peut-être vient-elle de pleurer ? Peut-être a-t-elle souffert avant la séance de photo ? On perçoit le temps qui agit sur elle et sur nous comme un liant, une empathie, une fraternité.

Sur la photo de droite, ce que j’imagine d’emblée n’est ni l’identité du modèle, ni celle du photographe, mais plutôt le talent de celui qui a retouché les traits du visage sur Photoshop. Et je me dis que je ne voudrais pas être l’ami  de celui qui fantasmerait sur cette beauté-là, ni de celle qui voudrait y ressembler. Très vite, je crois que je n’aurais aucune envie de raconter quoi que ce soit à cette sorte de poupée irréelle, cette caricature d’un canon de femme qu’on ne croise que dans les catalogues de mode, où le temps, la vie, la chair ne semble salis par aucune sueur, aucun relief, aucune mémoire. A la vie de l’une, même triste, répond la mort de l’autre, même parfaite. Au tragique de l’une répond le vide l’autre. Ce n’est pas la douleur des êtres que j’aime, c’est leur existence. Une sorte de perfection en mouvement.  L’une est belle quand l’autre n’est que jolie.
Bruno Ruiz

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